A la naissance des crépuscules…
Les esthétiques épitaphes
Ne font pas sourire les veufs
Dont le sel né des sanglots neufs
Délave l’art du calligraphe…
Les douleurs ne sont jamais belles,
Et il faut être magicien
Pour que l’amoureuse chandelle
N’éclaire pas un feu ancien.
Songeant ces quelques mots après avoir quitté ta voix,
Je nous ai retrouvés,
Assis sur le banc flou d’un très vieux cimetière,
Où je tâchais de te dire combien celui qui perd son ombre
Ne peut recouvrer sa nuit d’albâtre.
Des huitains maladroits et des rimes fragiles,
J’ai extrait le soleil d’un chemin de gravier
Où les empreintes s’enracinent dans le bruit des absences…
Je suis de ceux qui conservent les miettes,
De ceux qui sacralisent le premier geste,
De ceux qui s’effondrent dans l’éternité au carrefour de la caresse.
J’ai rêvé t’accueillir dans le creux de mon chant,
Verte comme se doit de l’être celle dont j’effeuillerai les silences,
Verte, comme ne peut que l’être celle qui sublime la terre
Où j’ai planté l’arbre de vie…
Ma méfiance n’égale que ma candeur,
Ma réticence se mesure à la vague avec laquelle je noie ton nom,
Et je me prémunis à mesure que j’ébrèche le rempart de mes renoncements…
De nouveau, j’entends le claquement de ta langue
Sur le baiser en filigrane
Dont le contour a strangulé le monstre de mes craintes.
De nouveau, je perçois tes paupières faucher le champ
Des images familières condensées dans le panorama de ton appartement.
Et je me fais nouveau, moi-même,
A l’idée d’être plus qu’une inscription illisible
Sur le tombeau d’un temps
D’où les souvenirs ne demandent qu’à éclore…