L'effeuilleur

Publié le par @rbre

J’ai vomi de l’azur sur les seins de la terre,

Et j’ai prié les dieux les plus élémentaires

Pour que les colibris ne perdent pas leur temps

A t’apporter l’éclat de mon cœur tempêtant.

 

J’ai creusé le tombeau de nos poésies vieilles,

Et j’ai, depuis l’ultime insomnie de la veille,

Tout réécrit deux fois, arrachant au chameau

Ses poils pour scribouiller d’encor  plus jolis mots.

 

J’ai trahi le reflet des statues somnolentes

Pour célébrer la laideur que tu camouflais

Sous d’insanes vertus aux couleurs chancelantes

Dont l’arc-en-ciel, pourtant, aimait se boursoufler.

 

J’ai une marguerite à titre honorifique

Accrochée dans un trou où passait un bouton,

Et lorsque cette fleur crée la question orphique,

Je réponds par le verbe affecté du mouton.

 

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