L'effeuilleur
J’ai vomi de l’azur sur les seins de la terre,
Et j’ai prié les dieux les plus élémentaires
Pour que les colibris ne perdent pas leur temps
A t’apporter l’éclat de mon cœur tempêtant.
J’ai creusé le tombeau de nos poésies vieilles,
Et j’ai, depuis l’ultime insomnie de la veille,
Tout réécrit deux fois, arrachant au chameau
Ses poils pour scribouiller d’encor plus jolis mots.
J’ai trahi le reflet des statues somnolentes
Pour célébrer la laideur que tu camouflais
Sous d’insanes vertus aux couleurs chancelantes
Dont l’arc-en-ciel, pourtant, aimait se boursoufler.
J’ai une marguerite à titre honorifique
Accrochée dans un trou où passait un bouton,
Et lorsque cette fleur crée la question orphique,
Je réponds par le verbe affecté du mouton.