Rien ne saurait être plus horrible que la Poésie

Publié le par @rbre

Comme un animal blessé,

Mon déport s’est enflé du fumet de la crainte et des vapeurs de sang

Se fragmentant partout autour de mon passage,

Et jusque dans mes ombres, et jusque dans mes ombres…

 

J’ai parcouru des déserts aussi secs que la bite de Dieu

Après avoir éjaculé l’éternité dans l’anus d’un bancal équinoxe.

 

Malgré la soif,

L’émétique Amour m’infligeait d’avancer vers la contradiction.

 

Je n’avais même plus envie de laper les flaques que les étoiles

Faisaient en urinant sur le marbre de ce tombeau

Que je nous réservai tandis que tu étais habitée par l’éclat de ma propre noirceur.

 

J’ai essayé de ne pas te haïr,

Je le jure devant le brasier de ces Amazonies  

Où ont péris les derniers des enfants aux regards d’avenir…

J’ai essayé, je te le jure

Devant ces hécatombes de lendemains stériles.

Mais j’étais obligé, puisque tu as choisi de m’infliger ta perte,

Et parce qu’en te perdant l’Univers tout entier s’est écroulé sur moi.

 

Qu’ai-je donc, aujourd’hui, pour bien me rappeler

Qu’une plaie infectée au-delà d’une mort

Souillée par ces lépreux aux visages d’atlantes

Qui soutenaient ton corps lorsque mes mains portaient l’antidote du temps…

 

Je méprise avec joie ton silence éprouvant,

Et baise l’infini des vents qui accompagnent

Ton souffle de statue sur la gemme de mon cœur vrillé depuis ce jour

Où Sisyphe s’assit sur la montagne pour me contempler t’aimer.

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