Rien ne saurait être plus horrible que la Poésie
Comme un animal blessé,
Mon déport s’est enflé du fumet de la crainte et des vapeurs de sang
Se fragmentant partout autour de mon passage,
Et jusque dans mes ombres, et jusque dans mes ombres…
J’ai parcouru des déserts aussi secs que la bite de Dieu
Après avoir éjaculé l’éternité dans l’anus d’un bancal équinoxe.
Malgré la soif,
L’émétique Amour m’infligeait d’avancer vers la contradiction.
Je n’avais même plus envie de laper les flaques que les étoiles
Faisaient en urinant sur le marbre de ce tombeau
Que je nous réservai tandis que tu étais habitée par l’éclat de ma propre noirceur.
J’ai essayé de ne pas te haïr,
Je le jure devant le brasier de ces Amazonies
Où ont péris les derniers des enfants aux regards d’avenir…
J’ai essayé, je te le jure
Devant ces hécatombes de lendemains stériles.
Mais j’étais obligé, puisque tu as choisi de m’infliger ta perte,
Et parce qu’en te perdant l’Univers tout entier s’est écroulé sur moi.
Qu’ai-je donc, aujourd’hui, pour bien me rappeler
Qu’une plaie infectée au-delà d’une mort
Souillée par ces lépreux aux visages d’atlantes
Qui soutenaient ton corps lorsque mes mains portaient l’antidote du temps…
Je méprise avec joie ton silence éprouvant,
Et baise l’infini des vents qui accompagnent
Ton souffle de statue sur la gemme de mon cœur vrillé depuis ce jour
Où Sisyphe s’assit sur la montagne pour me contempler t’aimer.