Les poumons de Dieu
Je ne me souviens plus de mon premier poème,
Ni même du dernier
Que j'écrirais peut-être à l'aube des horizons froids.
Le miracle a tenu tout entier
Dans quelques gouttes d'encre
Que j'ai laissées sécher à l'air libre des mots.
Les phrases ont longé les langues prophétiques
Sur le rebord cranté des lèvres de l'oubli,
Et du sang des imitations vierges
Une pensée est née comme soleil sur nécropole.
Je n'ai cessé, depuis d'éventrer l'avenir.
Je cherche à déterrer la carcasse du temps,
Et prisonnier d'un souffle outrepassant ma respiration,
Lié à l'atman d'un universel désordre,
Engeance du séfirah Kéter illustrant l'asthmatique Vouloir de l'épave cérébrale,
J'ai hâte de voir se répandre
La puanteur tragique d'une vérité inommable.