Brouillons omnivores

Publié le par @rbre

Quelques tâches de plus sur le parchemin des pensées,
Et l'horizon qui s'évapore lentement
Entre deux couloirs d'argile.

Les oiseaux se sont tus
Pour laisser parler la poussière.
J'ai mis mon habit de funérailles
Pour être sali par la plume de ton silence.

Une lune froissée s'est nichée sur mon annulaire,
A l'endroit même où l'on pouvait encore percevoir
- En transparence de ma pensée -
L'ossature de l'alliance.

J'ai mordu une à une des amandes insipides.
Avec des torsions de langue,
Je me suis amusé avec les peaux qui demeuraient dans ma bouche
bien après avoir mâché les germes trop secs, ayant à peu près tout perdu de leur lactance.

C'était, pour moi, le retour au chagrin,
Tandis que les arbres se mettent à brûler par les racines,
A mesure que s'éloigne le dernier des parfums du recommencement.

J'ai prononcé je ne sais plus quelle formule,
Et tu as disparu.
Je me suis surpris à détenir des pouvoirs si néfastes
Qu'ils entravaient même mon propre vouloir d'évanouissement.

Un sirop d'émeraude a dégouliné le long de ma bouche
Souffrant de ne plus savoir articuler les noumènes de ton incréation.

J'ai bu l'eau de l'angoisse jusqu'à l'ivresse.
Ta cathédrale flottait devant mes yeux de capricorne
Rongeant l'image de ta forêt époustouflante.

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