A deux nuits de l'imprononçable
Les étoiles brûlent dans le murmure accidentel des égorgeurs.
La crème de la nuit s’étale sur la paume du vieux monde.
Il n’y a que toi pour entendre glisser ma langue sur la peau de l’autre.
J’ai vu grouiller tes ombres dans le sein de la luciole.
Il s’en fallut de peu pour que j’aille arracher les ailes du passé
Et les clouer sur le portique d’un temps pollué par l’empreinte de tes adieux.
Tu n’as pas su traduire l’écho de mes silences,
Et j’ai laissé passer le chant de tes douleurs
Comme si nous pouvions désirer en-deça de nos désespérances.
Le scalp du destin s’est posé sur ta tête de chèvre folle.
Tu es belle, même lorsque je te hais.
Et je te hais.
Et tu le sais, comme l’on sait le plus petit relief de nos organes internes
Lorsque la mort s’immisce dans l’improbabilité de l’existence.
Au crépuscule des songes,
Tandis que les nuques s’enfoncent dans le calvaire des rêves corrodés par la matière,
Le nombre de ce chemin que nous nommions à coups de menton
S’est frayé parmi les incertitudes nocturnes
Tapissant les murs salis par des âges élémentaires.
J’ai minuté chaque instant passé loin de ton sang.
Tu as vampirisé les reliques de mes joies
Contenues dans l’enceinte inféconde d’un cénotaphe vide.
La faiblesse de l’hirondelle n’est rien comparée à ma langueur vis-à-vis du passé.
Je flotte au carrefour des antipodes de tes reflets
Egarés sous les décombres du vent.
Se peut-il qu’il y ait un peu de toi dans ce jet de pierre…