Le sonnet bancal

Je ne t’ai pas parlé de ce ciel où j’allais
Lorsque tous les alcools rendaient sobre mon cœur.
Je ne t’ai pas parlé du reflet presque laid
Des branches retenues au gré d’anciennes peurs.
Partout, j’ai oublié des mots pour ceux qui s’aiment
Et partout j’ai semé des empreintes d’oubli.
Tu n’as jamais cherché à troubler le baptême
De mes renoncements… Aujourd’hui, j’accomplis
Ce que les arcs-boutants créaient dans le silence
Des prières portant la triste ressemblance
D’un dieu obnubilant le brun regard des roses…
Je porte le halo bancal d’un faux sonnet,
Mais une vérité troublée d’une amaurose
Rend clair l’endroit sacré que seul ton chant connaît…