L'orange est bleue...

L’orange est bleue comme une terre
Toujours une vérité dans les silences bavards
Ils vous abreuvent de mélodies
Dans les bouches closes de surdité
Les lucides et les détachements
Il son oreille de discorde
Tous les aveux et tous les pleurs
Et quelle nudité d’inclémence
A le croire tout habillé.
Les fleurs dardent rayées
Le crépuscule s’infiltre dans la langue
Un chapelet de tunnels
Des pétales découvrent le miel
Tu as toutes les peines sélènes
Toute la lune sous les eaux
Dans les méandres de ta laideur.
Oreille d’aveugle
Créez mon mystère.
Il se conservera pour creuser les solitudes.
Créez mon mystère avec fracas, seul le tumulte,
A moins que – s’il – sauf – excepté
Je vous ai en conscience.
Il ne s’agit plus, il s’agit.
Je voudrais diverger –
Heureux fatum, entre autres petites circonstances.
Epuisé, mains libérées
Aux têtes de mon oisiveté.
d'après La terre est bleue de Paul Eluard
http://www.paul-eluard.com/poeme.php?abs=u&ord=16