- Le café du samedi matin -

Publié le par @rbre

 

Lorsqu’il n’est plus tout à fait tôt,

Mais quand le clocher de la vieille cathédrale annonce aveuglément les dix heures,

Tandis que presque personne n’écoute l’éclair de bronze fendre le schiste de l’atmosphère,

J’aime me retrouver là,

Pas intrinsèquement seul,

Assis à côté des commensaux de passage

Buvant

Qui d’un café,

Qui d’une noisette,

Qui d’un jus d’orange,

Qui d’une bière,

Et tandis que les marmottements s’abritent dans ma conscience

Qui dissèque les chairs et des voix et des bruits,

J’emprisonne l’instant de ces libertés vives

Que je prive du mensonge des adieux,

Et promulguant la loi des espoirs impossibles

J’annonce fièrement devant l’éternité

Que, samedi prochain, je serai là, encore,

A écouter tintinnabuler le sacré

Au milieu de la fosse païenne de l’estaminet du marché

Où d’oeucuméniques parfums font oublier

L’espace d’un moment,

La sourdre fragrance de son ignoble solitude…



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