J’existe, donc je n’existe pas

Publié le par @rbre

 

Est-ce que cela vous est-il déjà arrivé d’oublier qui vous êtes ? Vous est-il arrivé, la nuit, au milieu de nulle heure, de vous mettre en quête de votre carte d’identité pour vous remémorer votre état civil ? Avez-vous déjà appelé quelqu’un, de façon très fortuite, en composant un numéro pioché dans votre répertoire téléphonique, afin que l’interlocuteur qui se situe de l’autre côté de l’univers prononce ouvertement ce prénom qui, une seconde auparavant, vous envahissait tout en vous apparaissant étrangement… étrange ?

Il m’arrive souvent de douter de moi, de ma présence, de mon essence, de tout ce qui fait que je suis capable d’exister au-delà du néant.

Souvent, il m’arrive de me demander si je ne suis pas qu’un rêve absurde, absurdement songé par un autre qui ne sait même pas pourquoi il me pense.

A qui appartient ce corps ? A qui sont ces pieds ? Quel est ce visage ? Et quelle est ma place…

J’ai désir de savoir si ce que je croyais me concernant se voulait juste. Alors, je me suis mis en quête de mes diplômes validant le fait que je suis potentiellement autorisé à exercer telle profession, en vertu de telles qualités et de telles compétences qui, à cet instant, me rendent confusément dubitatif. Qui plus est, j’ai remarqué – en m’attardant sur mes certificats - que ma signature avait évolué, au fil du temps, passant d’un registre alphanumérique significatif à quelque chose de beaucoup plus graphique et abstrait.

J’ai désiré savoir, mais je n’ai rien appris de plus que ce que la raison martèle dans l’écho de ma conscience altérée par la peur d’être moi-même.

Je n’ai pas bien saisi ce que je faisais là, dans cette pièce, dans cette carapace, dans ce crâne dont les orbites abritent des yeux me montrant un univers dont j’éprouve l’absoluité du vide.

J’attends. Patiemment. Regardant ce qui m’entoure. M’amusant d’un rien et créant de l’effroi. Sur le linteau en bois de la porte-fenêtre, repose une mite. Je l’observe. Un détail m’intrigue. L’insecte semble avoir une queue qui sort de derrière les ailes. Se peut-il que l’animal soit sur le point de pondre ? Pris de panique, je me munie d’une feuille d’essuie-tout, ayant à l’esprit d’écraser la bestiole. Or, voilà que je rate mon coup et que le petit intrus s’envole, virevolte, s’échappe, se cogne au plafond auquel il finit par adhérer, trouvant un asile que je ne puis atteindre.

J’envisage la chambre dans laquelle je me trouve. Une alcôve surchargée de vie qui, dois-je me dire, me ressemble, parce qu’elle m’empreinte et parce que j’en suis le secret instigateur.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article