La victoire des chemins secs…
Il a fallu vomir l’instant de la discorde
Pour savourer le miel des libertés amères.
J’ai écouté ta voix me labourer l’échine,
Chaque mot contenait sa mesure de sel
Et je t’ouvrais mes plaies comme l’on ouvre un livre,
Sans savoir que la fin sera inéluctable.
Tu m’as frappé. Je ne me suis pas défendu.
Je t’ai tendu mes joues, et l’une suivait l’autre.
Tu n’as pas hésité à me faire très mal.
Je n’ai pas pu pleurer. Je ne sais plus comment
L’on fait. J’ai attendu que l’adieu me submerge…
Et tu l’as prononcé sans trembler du regard.
Aujourd’hui, affranchi du poids de ton sépulcre,
Je devrais de nouveau sentir mes ailes naines
Transporter les chansons que je croyais, naïf,
Devoir te dédier. Mais je sais que le temps
Laisse toujours un peu décanter la misère,
Et il faut trois soleils pour assécher mon cœur
De toute cette lie dont tu l’as abreuvée.
Je ne suis pas heureux. Ni même malheureux.
J’ai perdu mon amour. J’ai égaré mon âme.
Après tout, j’étais seul à aimer… Sic Transit…
Mesquin, petit, que j’aimerais que les douleurs,
Sans te porter la mort, te grignotent les os.
Diable, je donnerais ce qu’il me reste à vivre
Pour que la perfidie et la malignité
Te sapent les instants où tu te croirais sauve.
Je prierais même Dieu que je sens n’être pas
Pour que les ombres se détachent de tes chairs
Lorsque les nuits, jamais plus, ne rafraîchiraient
Le feu tétanisant le Rêve de tes songes.
De la Haine… très bien… c’est ce que tu voulais.
La voici ! Et encore, je retiens ma colère…
De la Haine ! Prends-là, Toi qui n’as pas compris
Comment tes mots d’amour inspiraient le cilice…