Hommage à Aimé Césaire
Je suis l'homme blanc opprimé par l'homme blanc,
Ma blanchitude n'est rien face à la couleur des carrosseries de limousines
Roulant dans les venelles de ces certitudes trébuchantes
Comme ces canines aurifères baguant les mâchoires des banquiers du rêve.
Je suis l'homme blanc que le système accable,
Corrompu par le gable en papier duquel un œil de pachée s'insurge
Contre les descendants du tout premier des pauvres.
Je suis l'homme blanc que le temps malfaçonne,
Vomissant une colère diaprée contre les murs d'un paradis authentique
Dans lequel ceux qui renasquent d'impatience ne sont pas désirés.
Je suis l'homme blanc balayé par les hommes
Dont la carrure m'obligent à émarger mes ombres,
Dont le muscle saillant jouit de la salive des thuriféraires
Crachant sur le musc sec de mon gras loqueteux.
Je suis l'homme blanc, chaînon manquant de l'Homme,
Et tandis que mon sang s'étale dans les veines d'un fatum imputrescible,
Tandis que les adorateurs d'Uræus rampent dans l'idée d'une guerre monochrome,
Je me laisse drosser par les courants d'un monde entre deux os,
Là même où le cœur s'essouffle d'avoir trop aimé la femme aux yeux de gouache...