Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 17:54

Fractionner les plaies

Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que de la douleur,

Et jusqu’à ce que cette douleur forme un tout

Bien plus grand que ce ciel d’avant la blessure.

 

Sourire au combat,

Et soulever la poussière avec des cris guerriers,

Ainsi qu’au tout premier souffle,

Tandis que notre haleine naissante, embaumée du spectre de l’éternité,

Devait déchirer les heures impuissantes à retenir l’apnée du songe humide.

 

Danser sur les os du feu,

Bondir au-delà des flaques d’aubépine,

Et se détourner avec morgue de cet océan d’avenir

Qui condamne nos espoirs en racolant l’attente dans la frondaison de la crainte.

 

Tendre aux démons la pierre des angoisses

Et sommeiller jusqu'à l’instant de l’échancrure du rêve,

Sans se contraindre à détester la couleur de la rouille

Dont l’automne connaît jusqu’au goût de l’atome.

 

Poétiser la déferlante de vide

Qui s’abat sur le rivage de nos néants apprivoisés,

Et mouiller l’apex de nos langues muettes

Dans le sang anti-vierge de ces symboles inexprimables

Dont les lueurs contiennent l’effleurement de nos consciences sur les dolomies de nos ombres.

Par @rbre
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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 20:35

J’ai senti les raisins mûrir parmi les ombres,

Et j’ai goûté le vent qui chantait ton prénom.

Parmi ces vieux sentiers pavés d’adieux sans nombre,

Et parmi ces coteaux bordés de cabanons,

Je me suis égaré jusqu’à trouver ton rêve.

 

Au-delà des saisons, portant ton gonfanon

Comme l’écume porte un noyer sur la grève,

J’ai erré, envoûté, et mon cœur, tympanon

Rythmé par le ressac de tes présences brèves,

N’a jamais combattu que pour servir ta voix.

 

Parmi les raisins mûrs, d’ombres entrelacés,

J’ai savouré ton nom ourlé par le noroît.

Loin des étés si chauds et des hivers glacés,

J’ai soulevé ton ciel, cette invisible croix

Brûlant mes souvenirs au sarment des promesses.

 

Les chemins sinuaient, mais mon amour fut droit,

Et je n’ai jamais su offrir d’autre caresse

Qu’à ton fantôme qui, dans l’étuve ou le froid,

Me racontait pourquoi, ma noble poétesse,

Ton absence devait parachever ma mort.

Par @rbre
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 18:00

Le tonnerre a dispersé les cendres de l’azur.

 

Je me suis abrité sous l’aile des miracles pour t’entendre songer.

 

Tu m’as soupçonné de patienter plus longtemps que j’en étais capable,

Et c’est en pierre gothique que j’ai laissé passer les rubans

Enlaçant l’éternité de leurs bras indulgents.

 

Une escadrille d’anatidés de jade

A longé la route céleste des porteurs d’eau maudite.

 

J’ai compté une à une les promesses de l’averse.

 

Tu t’es agenouillée au pied d’une stèle vierge

Et tu as proclamé des mots si vifs qu’ils semblaient creuser mon âme.

 

Un arbre rongé jusqu’à l’os a montré la moelle du temps

Au boquillon tétanisé par l’épopée de la cigale

Racontant, de sa voix rouillée, la genèse des silences.

 

J’ai relu dans la flaque le reflet de demain.

 

Tu as embrassé le cimetière de ton regard de licorne

Et tes yeux bien trop flous pour être de ce monde

Se sont dissous dans l’espace séparant la perception du rêve.

 

Une prairie d’hommes pauvres s’est avancée vers la falaise.

Ils se sont obligés à chuter au-delà des évidences.

 

Je n’ai jamais cru qu’en ton souvenir

Balayant les présents de leurs incertitudes.

 

Ton poème a gravé l’étendard du levant

Et les livres du vent m’enseignent ton absence

A mesure que s’enflent les voiles qui me portent

Vers ton recommencement…

Par @rbre
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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 20:27

Il y avait une menace
Le ciel.

Comme lors du tout premier début de l’aube.

 

Pesant de ces océans en lévitation,

Le ciel s’agenouillait à hauteur d’homme,

Ventru comme à l’accouchée,

Et j’étais là pour lécher son nombril aphone.

 

Ce même ciel qui avait vu mourir mes craintes et mes espoirs

Devait contempler la naissance de l’homme nouveau

A mesure que se desquamait ceux qui, comme moi, s’étaient perdus entre la tombe et le berceau.

 

J’avais le nez en l’air,

Humant la destinée et déshumanisant l’astre inné,

Comptant combien de temps il me faudrait

Pour m’élever vers la première goutte de pluie

Avant que l’averse ne touche terre.

 

Le ciel s’enroulait autour de mes sourcils

Et j’étais inondé

Par l’aridité d’une vision nébuleuse

Enflant au moment même où de plantureuses thébaïdes

Ejaculaient leurs épines de bonheur

Dans la ressouvenance d’une langue babylonienne…  

Par @rbre
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 20:00

J’avais longtemps hésité

A parler de ton regard émerillonné.

J’avais déniché ce mot un peu par hasard,

- Comme l’on fait en laissant tourner la roue du destin par le souffle d’un vent aléatoire -

Tandis que j’ouvrais un dictionnaire à la page de l’empressement.

 

Emerillonné.

Je m’étais dit que tu n’aurais aimé ce mot que parce que je l’avais choisi pour toi.

Sinon,

Tu aurais tout aussi bien pu dire : « elle me rit au nez »,

Et ça aurait été idiot et un peu triste.

 

Dans ce dictionnaire très particulier,

J’avais même trouvé ce terme là : éméraldine.

Eméraldine, et tu l’imagines déjà,

C’est une espèce de bleu dont le nom s’extrait de l’émeraude.

Or, c’est vert, n’est-ce pas, une émeraude.

Et si, pour Arthur, le vert correspond au U et le bleu au O,

Subsiste ce qui m’intéresse par-dessus toutes les couleurs :


Où…

 

Par @rbre
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 19:56

Bonjour Toi.
Il n'y a plus d'océan, et le ciel est trop sec pour supporter mes cerfs-volants.

Je voulais que tu saches que rien n’a changé.

Ni en mal, ni en bien. Ni moi, ni moi qui t’aime.

Ce ne sont que des mots d’arbre creux, penseras-tu.

Mais si l’arbre est creusé, ce n’est que pour faire résonance.

J’ai besoin que les étoiles n’en puissent plus de m’entendre chialer mon amour.

Je n’ai pas mis de majuscule, c’est exprès.

Je sais que je n’ai pas besoin de te persuader de tout ce que j’éprouve,

Comme il n’est pas nécessaire que je te convainque que l’oméga de ton nom

N’est que le commencement de mon alphabet.

Je t’en veux toujours autant. Toujours.

Tu t’en es allée, comme un automne de soif,

Abandonnant à mes côtés une Bible d’hécatombe et de splendeur.

Mais il y a eu des milliards de flocons qui ont chuté dans mon volcan.

Je sais dire, aujourd’hui, que tu me manques plus que le prolongement de mes ombres.

Tu me manques plus que l’étymologie de Dieu.

Plus que la création d’avant la naissance d’une pensée

T’incluant dans la totalité de ce cosmos qui mourra en même temps que mon horizon.

Je pourrais continuer pendant des heures.

Naïf et sincère.

Funambulesque et flamboyant dans ces habits trop étriqués pour un cœur trop large.

Je préfère attendre l’heure que tu auras choisie pour faire frémir mes yeux.

Je serai alors stupidement détestable, incapable d’aligner ces mots

Courant dans la rigole des songes intercostaux…

Je te dis à tantôt,

Derrière la vitre fragile d’une humeur constante, 

Tandis que les hier s’effaceront en un battement de paupière,

Afin que les années qui demeurent à vivre aux pulsations de nos lendemains

Imaginent un sentier dallé par des franges de lune.

                                                                                                                                         Ton @

Par @rbre
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /2009 13:07

C’est un étrange mal qui, le cœur, nous entaille

Par le fil émoussé d’une très vieille dague.

 

Il s’est arrêté de pleuvoir.

Sur le balcon humide, le vent reprend sa place,

Entre une crassule à demie morte et une saxifraga moribonde.

 

Je me laisse envahir par l’idée maussade d’une éternité propre.

La pensée de toi en train de me raconter demain interpelle ma mélancolie.

Je ne t’ai jamais doutée,

Mis à part ce moment impossible où j’ai cessé de croire au soleil.

 

Si tu regardais bien du côté de tes ombres,

Tu verrais que je ne t’ai jamais lâché la main.

 

Combien de souvenirs s’enroulent dans les vagues

Et combien de remords, dans la nuit, nous assaillent…

Par @rbre
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /2009 12:46

Je vais m’arrêter là, sur le bord du chemin,

Car c’est toujours ainsi que s’effacent les choses

Qui ont perdu les clefs de tous ces lendemains

Censés s’entrebâiller. Mais les portes sont closes.

 

Je vais m’arrêter là, hors des lieux et du temps,

Au-delà des sentiers et au-delà des heures,

Car à trop partager la douleur des instants

Dans le poison des mots, il se peut que j’en meure.

 

Je vais m’arrêter là, et regarder partir

L’empreinte colorée de tes ombres solaires,

Je vais m’arrêter là avant de te haïr

Et avant de t’aimer dans l’éclat des colères.

 

Je vais m’arrêter là, inflexible et fiévreux,

La rage dans le sang et le feu dans les larmes,

Avant que je ne sois vraiment trop malheureux

Songeant tes douceurs qui sont devenues des armes.

 

Je vais m’arrêter là, après avoir semé

Des fleurs de désespoir et des arbres sans fruit,

Et car, au fil des jours, je n’ai su que t’aimer,

Il faudra te quitter et me couvrir de nuit.

 

 

Par @rbre
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /2009 20:39

C’est les lèvres gercées que je mâche un silence.

 

Le soleil s’évapore

Sur la peau striée d’une mandragore.

 

Il n’y a plus rien d’autre qui compte au-delà des promesses,

Et je me tue à assassiner l’instant sacré d’avant l’imprononçable.

 

Peut-être y a-t-il eu de la douleur à la croissance des surlendemains du reniement,

Et peut-être, encore, y a-t-il eu des forêts dévastées par un seul grain de sable

Inoculant le poison du désert.

 

Je m’oblige à rêver d’insondables miracles

Pour ne pas rendre fou l’univers qui ne comprendra pas

Pourquoi les dieux s’invitent à disséquer mon âme.

Par @rbre
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /2009 12:47
J'emploie le sel de tes larmes pour parfumer le temps qui me dépasse.

Je crève les nuages en jetant des regards transversaux.

Et l'automne qui feint de ne rien savoir...
Par @rbre
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