Fractionner les plaies
Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que de la douleur,
Et jusqu’à ce que cette douleur forme un tout
Bien plus grand que ce ciel d’avant la blessure.
Sourire au combat,
Et soulever la poussière avec des cris guerriers,
Ainsi qu’au tout premier souffle,
Tandis que notre haleine naissante, embaumée du spectre de l’éternité,
Devait déchirer les heures impuissantes à retenir l’apnée du songe humide.
Danser sur les os du feu,
Bondir au-delà des flaques d’aubépine,
Et se détourner avec morgue de cet océan d’avenir
Qui condamne nos espoirs en racolant l’attente dans la frondaison de la crainte.
Tendre aux démons la pierre des angoisses
Et sommeiller jusqu'à l’instant de l’échancrure du rêve,
Sans se contraindre à détester la couleur de la rouille
Dont l’automne connaît jusqu’au goût de l’atome.
Poétiser la déferlante de vide
Qui s’abat sur le rivage de nos néants apprivoisés,
Et mouiller l’apex de nos langues muettes
Dans le sang anti-vierge de ces symboles inexprimables
Dont les lueurs contiennent l’effleurement de nos consciences sur les dolomies de nos ombres.