Je vais m’arrêter là, sur le bord du chemin,
Car c’est toujours ainsi que s’effacent les choses
Qui ont perdu les clefs de tous ces lendemains
Censés s’entrebâiller. Mais les portes sont closes.
Je vais m’arrêter là, hors des lieux et du temps,
Au-delà des sentiers et au-delà des heures,
Car à trop partager la douleur des instants
Dans le poison des mots, il se peut que j’en meure.
Je vais m’arrêter là, et regarder partir
L’empreinte colorée de tes ombres solaires,
Je vais m’arrêter là avant de te haïr
Et avant de t’aimer dans l’éclat des colères.
Je vais m’arrêter là, inflexible et fiévreux,
La rage dans le sang et le feu dans les larmes,
Avant que je ne sois vraiment trop malheureux
Songeant tes douceurs qui sont devenues des armes.
Je vais m’arrêter là, après avoir semé
Des fleurs de désespoir et des arbres sans fruit,
Et car, au fil des jours, je n’ai su que t’aimer,
Il faudra te quitter et me couvrir de nuit.
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