Se sont confondus les échelles et les puits,
Et tes joues zébrées de fleuves mauves,
Et ta voix parsemée de silences,
Et ton menton froissé par les méandres de l’automne naissant.
Les graminées à perte
Etaient sans doute là pour cacher quelque chose.
Toi-même.
Mais même Toi
Etait incapable de retrouver l’odeur de ton passage,
Vide d’une souillure pourtant nécessaire,
Absente d’un cauchemar rendant plausible l’origine.
Vaste, vaste, le lointain laminait
Le résultat entre le tactile et l’invisible,
Et je sondais l’avenir en puisant des reflets aux carrefours de l’aube.
Avais-je eu le temps de te dire…
Non.
Parce que j’étais effrayé à l’idée de t’égarer dans un champ de mots
Dont le sens n’aurait fait qu’étouffer l’évidence.
Et pourtant…
Seules les paroles auraient su te guider vers l’échantillon de notre vérité.
Les nuages ont foré le ciel.
Quelque chose ressemblant à une averse
S’est laissé clandestinement glisser à l’interstice de nos ombres.
Tu as provoqué la mort,
Epuisée par l’effort d’écouter mugir les lames du désir
Ne sachant rien faire d’autre que trancher les cordons qui retiennent les songes.
Avais-je eu le temps de te taire…
Non.
Parce que je pensais te savoir,
Et parce que tu sillonnais mes espoirs avec la force d’une veuve pucelle
Incapable de jouir autrement qu’en tuant l’instant…
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